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    Analyse de risque

    RE2020, ZAN : quel impact sur le coût et le rendement obligataire ?

    7 juillet 202610 min

    Deux réglementations qui redessinent le prix de revient d'une opération

    Quand vous étudiez une note d'investissement, vous regardez naturellement le taux cible, la durée, les sûretés. Deux paramètres plus discrets pèsent pourtant de plus en plus lourd dans le calcul de la marge qui rémunère votre obligation : la RE2020, la réglementation environnementale de la construction neuve, et la loi ZAN, qui limite l'artificialisation des sols. Ni l'une ni l'autre n'est un sujet réservé aux architectes ou aux urbanistes — elles renchérissent directement deux postes du budget d'une opération, le foncier et la construction, et donc réduisent mécaniquement le coussin de marge qui protège le rendement de l'obligataire en cas d'aléa.

    Cet article détaille ce que ces deux réglementations changent concrètement au budget d'une opération de promotion, comment ces effets se répercutent sur la marge, et ce qu'il convient de vérifier dans un dossier avant de souscrire.

    RE2020 : les trois piliers de la réglementation environnementale du neuf

    Entrée en vigueur en 2022 en remplacement de la RT2012, la RE2020 repose sur trois exigences cumulatives applicables à tout programme résidentiel neuf :

    • La sobriété énergétique, avec des seuils de consommation renforcés par rapport à la RT2012 et une isolation plus exigeante ;
    • L'empreinte carbone du bâtiment sur l'ensemble de son cycle de vie, matériaux de construction, transport et fin de vie compris, et non plus seulement l'énergie consommée en exploitation ;
    • Le confort d'été, avec l'objectif de limiter le recours à la climatisation active par une conception bioclimatique du bâtiment.

    La réglementation est pensée dans la durée, avec des seuils qui se resserrent par paliers : 2022, 2025, 2028, puis 2031. Un ajustement réglementaire s'applique par ailleurs à compter du 1er juillet 2026 pour toute nouvelle demande de permis de construire, ce qui signifie que le calendrier de dépôt d'un permis a désormais une incidence directe sur le référentiel technique — et donc sur le coût — applicable à un programme.

    Sur le plan chiffré, les études disponibles (ADEME, Institut de la Gestion Déléguée et du Développement Durable — IGEDD, Fédération Française du Bâtiment) situaient initialement le surcoût de construction lié à la RE2020 entre 5 % et 10 % par rapport à une construction RT2012, soit environ 90 à 180 € par mètre carré selon les matériaux et le niveau de performance visé. Ce surcoût s'est depuis rapproché de sa fourchette basse : les prix des matériaux biosourcés ont baissé avec la montée en volume, les filières se sont adaptées et la concurrence entre constructeurs a joué son rôle. Il reste néanmoins un poste de coût réel, qui doit figurer dans le budget prévisionnel de toute opération engagée sous ce référentiel.

    La loi ZAN : moins de foncier constructible, un renchérissement mécanique

    La loi Climat et Résilience a introduit l'objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN), qui vise, à terme, l'équilibre entre les surfaces urbanisées et les surfaces renaturées — non l'arrêt de la construction, mais une trajectoire de réduction progressive de la consommation de nouveaux espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette trajectoire repose sur la séquence dite « éviter, réduire, compenser » : éviter l'artificialisation quand une alternative existe, la réduire quand elle est nécessaire, compenser ce qui reste.

    Deux jalons chiffrés structurent la trajectoire : une réduction de 50 % du rythme d'artificialisation d'ici 2031, puis l'objectif de zéro artificialisation nette à l'horizon 2050. Sur le plan du calendrier réglementaire local, les schémas de cohérence territoriale (SCoT) doivent intégrer cette trajectoire d'ici le 22 février 2027, et les plans locaux d'urbanisme (PLU et PLUi) d'ici le 22 février 2028 — des échéances qui rapprochent, commune après commune, la contrainte du terrain concret sur lequel une opération peut être montée. Le débat politique autour de ces échéances reste vif : une proposition de loi dite TRACE, adoptée au Sénat en 2025, conteste notamment l'objectif intermédiaire de 2031, ce qui laisse une part d'incertitude sur le calendrier définitif.

    Dans les faits, l'effet déjà observable en 2026 est celui d'une raréfaction du foncier constructible en zone tendue : les communes, contraintes par leur enveloppe d'artificialisation, refusent ou retardent davantage de permis, la surface moyenne des terrains commercialisés diminue, et la rareté relative du foncier disponible en pousse mécaniquement le prix à la hausse, avec une répercussion in fine sur le prix de sortie des logements neufs.

    Où ces surcoûts se logent dans le bilan d'une opération

    Ces deux réglementations n'agissent pas sur le même poste du budget, ce qui a une implication différente pour l'analyse d'un dossier.

    Poste du bilanEffet de la RE2020Effet de la loi ZAN
    Foncier (15 à 30 % du prix de revient)Effet indirect limitéEffet direct : raréfaction et renchérissement du foncier constructible, surtout en zone tendue
    Construction (35 à 50 % du prix de revient)Effet direct : surcoût matériaux et techniques, de l'ordre de 5 à 7 % désormaisEffet indirect via la densification (fondations plus complexes, surélévation)
    Marge prévisionnelleCompression si le surcoût n'est pas intégré dès le budget initialCompression si le foncier a été signé après la hausse locale des prix

    Notre article sur le bilan d'une opération de promotion détaille la structure complète de ces postes. Ce qui change avec la RE2020 et la loi ZAN, c'est que deux lignes de ce bilan — foncier et construction — évoluent désormais sous une pression réglementaire croissante et documentée, et non plus seulement sous l'effet de la conjoncture des taux ou des prix des matériaux.

    Ce que cela change pour la marge — et pour le rendement qui vous est proposé

    La marge prévisionnelle d'une opération de promotion résidentielle se situe, en standard de marché, entre 6 % et 10 % du chiffre d'affaires hors taxes. C'est ce coussin qui absorbe les aléas de chantier, les retards de commercialisation, et in fine qui garantit la capacité du promoteur à honorer le coupon et le remboursement de l'obligation aux conditions annoncées. Un surcoût de construction de 5 à 7 % non anticipé au moment du budget initial, ou un foncier acheté après une hausse locale liée à la raréfaction ZAN, viennent directement rogner ce coussin.

    Cela ne signifie pas que toute opération construite sous ces contraintes présente un risque accru : un promoteur qui intègre ces surcoûts dès l'étude de faisabilité, qui les répercute dans le prix de sortie ou qui dispose d'un foncier acquis avant la tension locale, absorbe cette évolution réglementaire sans dégrader sa marge. C'est précisément ce point qu'il convient de vérifier dossier par dossier, plutôt que de considérer la RE2020 et la loi ZAN comme un risque uniforme applicable à toutes les opérations de la même façon.

    Grand Est : une pression différente qu'en zone tendue parisienne, mais pas absente

    Le Grand Est, et en particulier le sillon mosellan et le bassin frontalier luxembourgeois où opère Concept Immobilier, ne connaît pas la même tension foncière que la première couronne parisienne ou les grandes métropoles régionales : le foncier y reste globalement plus disponible, et la demande, tirée notamment par les travailleurs frontaliers, reste solide sans être en surchauffe. Notre série consacrée au Grand Est détaille ce contexte territorial.

    La trajectoire ZAN s'applique cependant à toutes les communes, y compris en Grand Est, à mesure que les SCoT puis les PLU intègrent la contrainte d'ici 2027-2028. Le territoire présente toutefois un atout structurel face à cette contrainte : un tissu de friches industrielles et de fonciers déjà artificialisés, hérité du passé sidérurgique et minier de la Lorraine, qui se prête particulièrement bien à une logique de recyclage urbain — reconversion de friches, densification de parcelles déjà bâties, réhabilitation lourde — plutôt qu'à une extension sur des terres agricoles ou naturelles. Cette réalité locale peut, sur certains dossiers, transformer une contrainte réglementaire nationale en configuration plus favorable qu'ailleurs, à condition que le foncier retenu s'inscrive effectivement dans cette logique.

    Ce qu'il faut vérifier dans le dossier d'une opération avant de souscrire

    Avant de considérer qu'une opération intègre correctement ces deux paramètres réglementaires, quatre points méritent d'être vérifiés dans la note d'investissement :

    1. La date de dépôt du permis de construire, pour situer l'opération par rapport aux paliers RE2020 applicables, et notamment par rapport à l'ajustement du 1er juillet 2026.
    2. La date de signature du foncier, pour évaluer s'il a été acquis avant ou après une éventuelle tension locale liée à la raréfaction ZAN — un point également développé dans notre grille d'analyse d'une opération en 7 critères.
    3. La cohérence entre le budget de construction annoncé et les standards de coût RE2020 actuels, plutôt qu'un budget calé sur d'anciens référentiels RT2012.
    4. Le niveau de marge prévisionnelle résiduelle, une fois ces deux paramètres pris en compte, par rapport à la fourchette de marché de 6 % à 10 % évoquée plus haut.

    Ces éléments figurent, pour chaque opération SAFESTONE, dans la note d'investissement mise à disposition des membres du club avant l'ouverture de la souscription. Vous pouvez consulter le détail des opérations actuellement ouvertes ou demander une invitation pour accéder à cette documentation.

    FAQ — RE2020, loi ZAN et investissement obligataire

    La RE2020 et la loi ZAN s'appliquent-elles à toutes les opérations de promotion immobilière ?

    La RE2020 s'applique à toute construction neuve résidentielle, sans exception géographique. La loi ZAN s'applique à l'ensemble du territoire national selon un calendrier de mise en conformité des documents d'urbanisme locaux (SCoT puis PLU), avec une intensité qui varie selon la tension foncière propre à chaque commune.

    Ces réglementations rendent-elles l'investissement en obligation de promotion immobilière plus risqué ?

    Elles renchérissent deux postes du budget d'une opération, foncier et construction, ce qui peut réduire la marge prévisionnelle si le promoteur ne les a pas anticipées. Un promoteur qui intègre ces paramètres dès l'étude de faisabilité et les répercute dans son prix de sortie limite cet effet. C'est un facteur à vérifier dossier par dossier, non un risque uniforme.

    Comment savoir si un budget d'opération intègre correctement le surcoût RE2020 ?

    En comparant le budget de construction annoncé aux fourchettes de coût actuellement documentées pour des opérations RE2020 comparables, et en vérifiant la date de dépôt du permis de construire par rapport aux paliers réglementaires. La note d'investissement d'une opération SAFESTONE détaille ce budget poste par poste.

    La loi ZAN va-t-elle réduire le nombre d'opérations proposées par SAFESTONE ?

    Le rythme de deux à cinq opérations par an reflète le volume de projets menés par Concept Immobilier, et non un objectif commercial de collecte. La disponibilité foncière du Grand Est, combinée à un potentiel de recyclage de friches industrielles, offre une marge de manœuvre différente de celle des zones les plus tendues, sans supprimer l'effet de la trajectoire ZAN sur le moyen terme.

    Avant d'investir

    Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique ; elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les données chiffrées relatives à la RE2020 et à la loi ZAN sont issues de sources publiques (ADEME, IGEDD, Fédération Française du Bâtiment, textes réglementaires) et sont susceptibles d'évolution. Investir en obligations de promotion immobilière comporte des risques, notamment un risque de perte partielle ou totale du capital et un risque d'illiquidité ; les rendements cibles mentionnés dans la documentation d'une opération ne constituent pas une garantie de performance. Avant toute décision, prenez connaissance de l'intégralité de la note d'investissement et du contrat d'émission de l'opération concernée, et consultez votre conseiller en gestion de patrimoine si nécessaire.

    Pour approfondir, vous pouvez consulter notre approche de sélection des opérations ou le club de co-investissement.

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